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Voilà un mot bien compliqué pour désigner quelque chose de particulièrement présent dans la littérature Fantasy. Du grec anthropos : homme, et morphê : forme, l’anthropomorphisme est la tendance à attribuer aux animaux des caractéristiques propres à l’homme (sentiments, passions, actes, traits, paroles).
Jean de la Fontaine a particulièrement bien exploité ce procédé, en faisant dire aux animaux ce qu’un homme n’aurait pu dire durant la période de censure instaurée par le Cardinal de Richelieu. Les animaux de ses fables étaient avant tout le produit d'un anthropomorphisme traditionnel qui participait d'une visée morale où l'homme était le premier concerné. Mais la Fontaine n’a rien inventé. Déjà au VIème siècle avant JC, Esope, un écrivain grecque, avait écrit les premières fables mettant en scène des animaux anthropomorphe.
La littérature Fantasy a naturellement repris le concept d’anthropomorphisme. On peut notamment citer Aslan, le lion humanisé présent dans le Monde de Narnia de Clive Staples Lewis ou encore Iorek, l’ours blanc imaginé par Philipp Pulman dans la Croisée des Mondes.
Mais les auteurs de Fantasy ont également fait évoluer l’anthropomorphisme. Ainsi aux animaux réels, sont venues rapidement se greffer de nouvelles races imaginaires. Tolkien, pour n’en citer qu’un, a ainsi immortalisé les Orques, Gobelins et autres Trolls.
Si j’ai rédigé ce petit article c’est parce que l’anthropomorphisme est particulièrement présent dans mon manuscrit. Je n’y avais jamais réellement réfléchi jusqu’à présent, c’était quelque de parfaitement naturel dans mon esprit. Cependant, en prenant un peu de recul, je pense qu’il y a là une volonté inconsciente de mettre l’homme et l’animal à égalité. L’animalité n’est certainement pas le pendant de l’humanité, elle en serait même plutôt la substantifique moelle.


